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Migrations, exils et ruptures culturelles.
De la psychiatrie transculturelle à une clinique de l'exil
Le 23 MArs 2002 - STRASBOURG
Présidents : J.M. DANION et K. KHELIL

ARGUMENT

Dans un monde marqué par l'accélération des mouvements migratoires, l'accroissement des exils choisis ou contraints, et l'extension des nouvelles formes de colonisation économique et culturelle, le psychiatre est de plus en plus amené à rencontrer des patients issus d'autres cultures, ainsi que leurs descendants. Au-delà de l'obstacle de la langue, parfois irrémédiable pour le praticien libéral, l'inconfort peut relever d'une certaine « atypicité » des symptômes et des plaintes qu'on être tenté de mettre sur le compte de la différence culturelle.

Or la psychiatrie coloniale comme la « nouvelle ethnopsychiatrie » contemporaine ont démontré les impasses du relativisme qui consiste à associer une psychologie spécifique à une culture donnée. Les travaux récents insistent plutôt sur la signification du déplacement lui-même et les remaniements subjectifs qu'il induit, sur le fréquent mécanisme de clivage qui caractérise le rapport du sujet à des références culturelles doubles, voire multiples et éclatées, ainsi que sur un régime général plutôt fait de métissages que de renforcement des différences.

Comment alors entendre et prendre en compte dans les démarches diagnostiques et thérapeutiques à la fois la diversité culturelle des patients qui consultent désormais dans nos régions, leur expérience propre d'un exil - parfois marqué par le traumatisme de sévices et de tortures -, et leur prise dans une histoire collective souvent faite de violence et de mutations accélérées ?

Comment la psychiatrie adapte-t-elle ses outils diagnostiques « internationaux » (CIM et DSM) dont la validité universelle est contestée ? Tient-elle compte des enseignements de l'anthropologie pour fonder une psychiatrie « transculturelle » ?

Quel est l'apport à la psychopathologie des élaborations psychanalytiques actuelles à propos de l'exil, de la migration, de l'influence de la culture et de l'histoire collective sur l'expression voire l'origine des symptômes ?

Comment enfin ces différents axes de recherche permettent-ils de penser de nouvelles modalités d'accueil et de soins, et une écoute clinique apte à entendre la place de l'exil et de la culture dans la subjectivité de ceux qui font appel à nous ?

Cette première journée conjointe de la Société de Psychiatrie de l'Est et de Parole sans frontière se propose de donner un aperçu des recherches actuelles dans ce domaine de la « clinique interculturelle », à partir du point de vue de chercheurs et cliniciens engagés dans ce type de pratique.

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