Retourner à la page précédente

La montée de la violence chez les adolescentes.
Mythe ou réalité ?
Le 29 Mars 2003 - STRASBOURG
Présidents : A. PIDOLLE et J.Y. METZGER

ARGUMENT

Régulièrement, les médias nous apprennent que des adolescentes, quelquefois très jeunes, sont impliquées dans des affaires de violence, qui vont d'une violence verbale certaine jusqu'au meurtre parfois, en passant par des agressions physiques envers leurs pairs ou des adultes (des professeurs par exemple).

La violence chez les filles a-t-elle toujours existé et sous cette forme ? Il semble en tout cas qu'il s'agit d'un phénomène en augmentation puisqu'en 2000, selon les statistiques du Ministère de l'Intérieur, la part des adolescentes dans la délinquance des mineurs s'est amplifiée de 5,54 % et le nombre de filles mises en cause pour coups et blessures volontaires a augmenté de 23,77 %. Dans le même temps, il n'a augmenté que de 14,17 % chez les garçons.

Les filles, on le sait, sont de plus en plus souvent l'objet de violences physiques et surtout sexuelles de la part d'adolescents, en particulier dans les quartiers difficiles : les viols collectifs, encore appelés « tournantes », en sont une des terribles illustrations. La question est de savoir alors comment les filles font face à cette violence dont elles sont les victimes. La façon qu'elles ont de s'identifier aux comportements violents et agressifs habituellement attribués aux garçons, et en particulier aux garçons qui les agressent, n'est-elle pas finalement une façon pour elles, voire même la seule façon, de faire face à cette violence ? En s'identifiant à leurs agresseurs violents, et en intégrant le groupe des agresseurs, au risque d'y perdre une part de leur féminité, ne cherchent-elles pas finalement à se protéger ? La question de la répétition est d'ailleurs souvent évoquée pour leur défense, la violence agie venant s'inscrire comme une conséquence directe d'une violence subie dans l'enfance, en particulier à travers des agressions incestueuses.

Si les psychiatres ont à interroger ces questions du côté de la psychopathologie et des traitements, il sera utile également de tenter de les éclairer d'autres points de vue : celui de la sociologie, de la justice et de l'enseignement.

Retourner à la page précédente
Haut de page |  © SPE 2007