Retourner à la page précédente

Question(s) de tempsLe 20 Mars 2004 - NANCY
Président : A. PLANTADE

"Ô Temps suspends ton vol et vous heures propices
suspendez votre cours"
(Le Lac - A. de Lamartine)

ARGUMENT

La Société de Psychiatrie de l' Est et la Société Française de Psychiatrie de l' Enfant et de l' Adolescent, associées pour une journée scientifique commune, ont choisi d'aborder quelques aspects des relations entre la psychiatrie et le temps. Si chacun d'entre nous expérimente le temps, s'il est une évidence, il n'en reste pas moins un mystère et il apparaît nécessaire d'entendre, sur ce thème, le philosophe, l'historien, le sociologue, avant d'entendre le médecin. Tout examen psychiatrique fait référence au temps : le passé (les antécédents, l'histoire de l'enfant, de sa famille.), le présent (les symptômes), le futur (le pronostic.)

Notre perception du temps varie selon notre état de santé, physique et psychique et selon notre environnement ; selon qu'on est heureux ou malheureux, le temps passera trop vite ou n'en finira plus. Le malade rêve de le voir s'accélérer quand il espère la guérison, le mélancolique ne peut se projeter dans l'avenir, le maniaque ne perçoit plus la contrainte du temps, l'obsessionnel ne le maîtrise jamais assez, l'anxieux attend la catastrophe, le confus et le dément sont perdus.

Il faut beaucoup de temps aux enfants pour acquérir cette notion de temps et la notion de mort. Petits, ils ont l'éternité devant eux. si ce n'est que notre société les pousse à faire vite et risque peut-être de les priver de leur enfance. Il faut leur laisser le temps, le temps de l'Odipe, le temps de la latence, le temps de l'adolescence, temps de crise mais aussi de travail psychique, qui demande du temps. On ne peut brûler les étapes sans se brûler les ailes !

L'homme prend conscience du temps parce qu'il se souvient et qu'il anticipe, mais il doit vivre au présent ; se réfugier dans le passé, c'est régresser, ne pas vouloir grandir, ou ne pas accepter de vieillir. Et comment travailler, aimer, agir au futur ? Etre dans le présent, qui change à chaque instant, et qui se poursuit, est nécessaire à l'existence même, c'est à dire à la pensée, à la mémoire, à l'attente et à l'action.

Tous ces aspects vont être abordés, sans oublier le temps des soins, surtout aujourd'hui où les 35 heures et l' "A.R.T.T." le réduisent en quantité et malheureusement aussi en qualité.

Retourner à la page précédente
Haut de page |  © SPE 2007