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Evolution de la psychiatrie vers la santé mentale Le 20 Novembre 2004 -STRASBOURG
Présidents : F. ROUILLON et J.P. OLIVIER

ARGUMENT

Il y a maintenant près de 15 ans, les pouvoirs publics ont confié au psychiatre, en complément de la mission traditionnelle de traiter les maladies mentales, celle de promouvoir la santé mentale. Depuis lors, la promotion de la santé mentale occupe une part sans cesse croissante de son activité. Ainsi le psychiatre est-il de plus en plus sollicité pour répondre à de multiples formes de souffrance psychique ayant en commun un mal-être : situations de précarité et de pauvreté, violences (familiales, conjugales, sexuelles, harcèlement moral), stress de tous ordres, difficultés existentielles, échecs scolaires - la liste ne saurait être exhaustive -. Il est également demandé au psychiatre de participer à la prise en charge du handicap psychique, c'est-à-dire des répercussions des maladies mentales dans la vie quotidienne des patients. Ces évolutions ont pour corollaire la valorisation de notions telles que le mieux-être, la qualité de vie et l'accompagnement, mais aussi le confort et l'amélioration de la performance. En outre, les pratiques de soins font appel, davantage que par le passé, à des professionnels non-psychiatres, tels que les psychologues, les neuropsychologues et les travailleurs sociaux.

Notre réunion du 20 novembre sera consacrée à l'étude de ces évolutions et de leurs enjeux. Il s'agira, grâce à une confrontation interdisciplinaire, de restituer toute la complexité de ces transformations et d'en saisir les implications dans les pratiques et l'organisation des soins, ainsi que dans la façon dont le psychiatre, le malade et sa famille se représentent la maladie mentale. Il s'agira également de dépasser une analyse moralisatrice de ces transformations (constituent-elles un progrès ou au contraire une régression ?) pour tenter de comprendre comment, le plus souvent à notre insu, elles traduisent, en même temps qu'elles reconduisent, une évolution des rapports entre normal et pathologique, et entre sanitaire et social.

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