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LA PATHOLOGIE DE L'EXCES Le 19 Mars 2005 -NANCY
Présidents : M. LAXENAIRE et B. KABUTH

ARGUMENT

Dans une trilogie, la Société de Psychiatrie de l'Est a choisi de développer certains aspects et certaines conséquences délétères des défauts de limites et des excès.

La première partie s'est déroulée à Strasbourg en novembre 2004 et avait pour thème les évolutions de la psychiatrie vers la santé mentale : dans ce domaine, il est de plus en plus souvent demandé à la psychiatrie de répondre au "mal-être", au malheur, à l'échec, à la violence, à la précarité. dans une sorte de médicalisation des rapports sociaux et des comportements humains.

Le deuxième volet abordera, pour la journée de mars 2005, les pathologies de l'excès, dans une société qui cultive le dépassement de soi et l'exploit, ne supporte pas le manque et l'autorité, brouille les repères et ne fixe plus de limites aux appétits de chacun : excès de jouissance, excès alimentaires, performances sexuelles. A travers les médias, notre société fait un usage démesuré des superlatifs (. la catastrophe. la galère. le miracle.), des concepts et termes médicaux : stress, traumatisme psychique, souffrance psychique, travail de deuil, harcèlement moral, épuisement professionnel, hyperkinésie, dépression..., tordant le cou à la science pour servir des objectifs autres. Dans ces excès, au nom du principe de précaution, notre société demande de tout prévoir, de tout envisager pour assurer le risque zéro, surtout dans les domaines où les connaissances scientifiques et techniques ne le permettent pas.

Ces outrances nous feraient presque oublier les maladies mentales qui, par leurs excès, engendrent souffrance de l'individu et de sa famille : pathologies de l'humeur, de l'angoisse, du doute, de la mémoire. et d'autres excès, qui seront plus spécifiquement abordés dans la troisième partie de notre trilogie, à Strasbourg, le 19 novembre 2005 : les toxicomanies, les comportements de dépendance et d'addictions qui peuvent amener des conduites extrêmes, y compris dans le domaine sportif.

Puisse le psychiatre, sur un tel sujet, se souvenir de cette phrase de Victor Hugo : "Le propre de la vérité est de n'être jamais excessive" et de celle de Claude ALLEGRE : "La science doit vérifier ses dires, honnêtement, patiemment, pour en tirer sa légitimité".

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