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ADDICTIONS : questions d'actualitéLe 17 Novembre 2007
Faculté de Médecine de STRASBOURG

Président : F. PAILLE

ARGUMENT

Si la Société de Psychiatrie de l'Est a estimé utile d'actualiser nos connaissances sur les addictions, c'est parce que la question est à l'ordre du jour : le plan 2007-2011 de prise en charge et de prévention des addictions, à l'élaboration duquel a participé le Professeur F. PAILLE, a été publié par le Ministère de la Santé avec obligation faite aux hôpitaux de l'appliquer et l'Ordre National des Médecins y consacre son bulletin de mars 2007. L'Académie Nationale de Médecine, dans sa lettre de septembre 2007, dénonce l'alcool comme première cause de mort évitable chez les jeunes et le « Lancet » du 28 juillet 2007 a le courage d'indiquer qu'il existe aujourd'hui assez de preuves pour affirmer le risque de majoration du risque de psychose par le cannabis, alors qu'en 1995, il indiquait que le cannabis « ne présentait aucun danger pour la santé » ! La consommation de ce dernier est de plus en plus alarmante chez les lycéens bien qu'ils en ressentent les symptômes de tolérance, de sevrage, de manque et de dépendance. Ce qui montre qu'avoir conscience du danger lié à la consommation d'un produit ne permet toujours pas d'en arrêter la prise. Ce qui montre également les limites de l'information et les difficultés du traitement et de la prévention.

Par ailleurs, si le terme d'addiction a pris un sens très large et recouvre des comportements très divers aux conséquences physiques, psychiques, sociales totalement différentes (dépendance à la télévision, à Internet, aux jeux vidéos, au sexe, au sport, aux forums de discussion et même au travail.), la dépendance aux drogues illicites et licites (alcool-tabac) constitue un problème majeur de santé publique. Comment en arrive-t-on à perdre la vie, sa liberté, son autonomie et tout plaisir pour s'enfermer dans le circuit répétitif, aliénant et mortifère du besoin ? Les facteurs en sont multiples (neuro-biologiques, psychologiques, sociaux) et les mécanismes psycho-pathologiques complexes. Grâce à la dépendance à la « drogue », les liens sont maintenus, la séparation et la dépression qui en résultent sont occultées et les tensions sont soulagées en court-circuitant toute élaboration mentale.

Philippe JEAMMET insiste sur la nécessité d'un diagnostic et d'une prise en charge précoces afin de ne laisser personne s'enfermer dans son symptôme au point d'en faire son identité : « je suis anorexique ». Nous avons donc à traiter la personne et le symptôme parce qu' «  on devient aussi ce que l'on fait ».

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