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FILIATION et PSYCHIATRIELe 15 MARS 2008
NANCY (IFSI de Brabois)

Président : J. GUYOTAT

ARGUMENT

La journée de la Société de Psychiatrie de l’Est, organisée conjointement avec le Groupement d’Exercice Fonctionnel Spécialisé en Psychiatrie de Nancy, est dédiée au Professeur Pierre TRIDON, qui nous a quittés le 27 août 2007. Nous lui rendons hommage au nom de ses élèves, ses amis, ses collègues et ses patients. Il existe un lien entre ces hommages et le thème de la journée.

Si la filiation évoque les liens du sang qui s’inscrivent dans une généalogie, elle évoque aussi des liens d’attachement et d’amour qui, eux, s’inscrivent dans une filiation affective qui dépasse le biologique. Elle est régie par la Loi qui en définit les règles et inscrit l’enfant dans un ordre symbolique. Elle a aussi une dimension psychique, subjective, qui permet de se situer par rapport à ses ascendants et ses descendants, et de se reconnaître comme appartenant à une lignée. Dans un sens figuré, elle définit les liens qui unissent des mots et des idées, filiation de pensée, filiation intellectuelle, permettant affiliation et appartenance. On parle aussi de filiation professionnelle. C’est cette pluralité de sens que nous avons retenue pour cette journée, en référence au biologique, au socioculturel, au juridique, au psychologique.

Quelles que soient les conceptions théoriques des psychiatres, tous ont du malade une approche généalogique : facteurs génétiques, interactions familiales, liens transgénérationnels

 Le Professeur Jean GUYOTAT, qui nous fait l’honneur de présider cette journée, et ses élèves, ont analysé le lien de filiation comme clé possible dans la compréhension de certaines situations pathologiques : troubles psychotiques et délire de filiation, psychoses puerpérales, et dans certaines situations particulières comme le suicide, la dépression, les troubles psychosomatiques, le traumatisme psychologique…

Chez l’enfant, quelle est la place du roman familial dans son développement ?

L’adolescent ne met-il pas à mal les liens de filiation dans une reviviscence des conflits oedipiens et dans sa quête d’identité ?

Impossible de penser l’enfant et l’adolescent hors de sa famille et de la société. Mais celles-ci changent, la science et la technique progressent et par conséquent les lois se modifient.

Les nouvelles familles, issues de la montée en fréquence des divorces, semblent de plus en plus déracinées, n’offrant plus, parfois, repères et références à leurs enfants eux-mêmes déracinés.

Les filiations deviennent de plus en plus « particulières » : enfant adopté, enfant né par insémination artificielle par donneur, enfant de couple homosexuel… Quelles conséquences psychologiques chez les enfants et adolescents issus de ces filiations particulières ? Quelles conséquences psychologiques quand des secrets familiaux sur la filiation sont maintenus ? quand il y a accouchement sous x ? quand la quête des origines ne peut être satisfaite ? mais aussi quand les barrières intergénérationnelles s’effacent au point de transgresser l’interdit de l’inceste ?

On voit combien la filiation intéresse la psychiatrie et la psychanalyse, cette journée n’a comme ambition que d’en éclairer certains aspects.

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