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La psychiatrie en temps de crise économique
Un avenir à construire
NANCY, Le 22 mars 2014
IFSI, Rue du Morvan - Hôpital de Nancy-Brabois, Vandoeuvre les Nancy

ARGUMENT

La crise économique et financière a durement frappé les pays occidentaux, avec un impact sur la santé en général et sur la santé mentale en particulier.

La crise économique est par exemple considérée comme un facteur responsable de l’augmentation du nombre de troubles mentaux comme la dépression ou le suicide. Une étude récente publiée dans le British Medical Journal a calculé pour 54 pays le taux de mortalité par suicide avant la crise (2000-2007) chez les personnes de plus de 15 ans ; à partir de ces données, les auteurs ont estimé le nombre de décès par suicide que l’on pouvait attendre sur la période 2008-2010. Les taux mesurés montrent un excès de mortalité par suicide de 3,3 % chez les hommes, surtout de moins de 44 ans. Au sein de l’union européenne, l’excès de risque est encore plus fort (4,2 %) surtout parmi les nouveaux membres. La croissance du taux de chômage est corrélée à l’élévation du risque. Même si les interprétations de tels résultats sont toujours à faire avec prudence, surtout pour des comportements aussi multi-déterminés que le suicide, la cohérence globale des données disponibles indique qu’il existe bien un impact des situations de crise économique sur la santé psychique.

La crise économique nous oblige aussi à repenser l’organisation et les modes de soins dans un contexte où le coût de la santé est en croissance constante et les moyens financiers limités. L’institut National de la Santé britannique aurait fixé à 35.000 euros le prix maximal d’un traitement permettant de gagner une année de vie supplémentaire : au dessous l’organisme autorise, au dessus, cela se négocie (Le Monde du 6 janvier 2014). Cela est aussi vrai pour les soins psychiatriques. Est par exemple évoqué dans le rapport d’information sur la santé mentale et l’avenir de la psychiatrie déposé auprès de l’Assemblée Nationale à la fin de l’année 2013 par le député de M. Robiliard, la délégation de tâches à d’autres professionnels de santé. Il propose aussi un secteur rénové développant, entre autres, les soins aux patients précaires et des liens renforcés entre les secteurs sanitaires et médico-sociaux. Tout cela nous incite-t-il pas à repenser les qualités nécessaires des futurs psychiatres ?

Nous espérons que cette journée nous permettra de répondre à certaines de ces questions et d’en ouvrir d’autres.

 

Organisme de formation n° 53 35 09 207 35
Pour plus de renseignements : psyest@wanadoo.fr


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