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Nouvelles familles
Entre déconstruction et reconstruction

Strasbourg
,
Le 21 novembre 2015

ARGUMENT

La famille est une institution humaine qui se présente sous des aspects très différents selon les époques et les pays. On lui attribue deux fonctions essentielles : d’une part celle d’être le cadre dans lequel l’individu trouve les conditions matérielles, relationnelles et affectives propices à sa venue au monde et à son développement - « Elle préside aux processus fondamentaux du développement psychique et, plus largement, elle transmet des structures de comportement et de représentation dont le jeu déborde les limites de la conscience » (J. LACAN) – et, d’autre part, elle constitue le socle de la société avec laquelle elle entretient des relations d’infl uence réciproque complexes. Penser la famille, surtout lorsqu’elle se transforme, oblige donc à une réfl exion globale et pluridisciplinaire.

D’un point de vue psychologique, son apport à l’enfant/sujet est teinté d’ambivalence : lieu de protection, de sécurité affective et de stimulation, il peut faire cruellement défaut ou se transformer en carcan dont il est parfois très diffi cile (ou même impossible) de se défaire, ce dont la clinique témoigne régulièrement.

Les observateurs s’accordent pour souligner l’accélération récente des transformations familiales. Dans les pays occidentaux, le mouvement s’amorce au XVIIIème siècle où les usages ancestraux fi gés par les rituels et la tradition sont remis en question par l’Esprit Philosophique au profi t d’une promotion de « l’individu » et des valeurs personnelles. Les profonds changements politiques mais également l’industrialisation des pays occidentaux, au XIXème siècle, accélèrent cette évolution à travers l’urbanisation, le travail féminin, la démocratisation de la vie publique. Les progrès de la science et de la médecine contribuent également fortement à modifi er le paysage familial : diminution de la mortalité infantile, augmentation de l’espérance de vie, contraception. Le droit accompagne et encadre ces changements : égalité hommefemme, divorce, droits de l’enfant…

Au regard de ce mouvement général qui promeut le modèle de la famille nucléaire (qui est aussi celui de la famille biologique : père, mère, enfant) tout en en allégeant les contraintes, notamment sur le plan du couple (voir « Le Démariage » d’Irène THERY, éd. Odile Jacob, 1970), on peut imaginer une « mort de la famille », institution superfl ue entre des individus affranchis et des états démocratiques se voulant protecteurs. Cette crainte est réactivée (avec en arrière-plan un risque de fragilisation générale de la société) à chaque évolution qui accède à une reconnaissance légitimée (Procréation Médicalement Assistée, homoparentalité….). Il semble toutefois que le « désir de famille » subsiste fortement chez nos contemporains, même si les formes en sont renouvelées (recomposées) ou singularisées.

La journée d’automne de la SPE du 21 novembre 2015 à Strasbourg a pour ambition d’apporter un éclairage pluridisciplinaire sur cette évolution, ses paradoxes et de poser quelques questions et repères sur ses implications cliniques concernant le devenir des enfants au sein de « la famille » du début du XXIème siècle.

 

 
   


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